L’arthrose du genou, comprendre et agir

En ce weekend prolongé de Paques, je vous propose un article de vulgarisation scientifique. Relu par d’autres doctorants venant de diverses disciplines, il se veut normalement accessible au plus grand nombre.

J’espère que le sujet vous intéressera. Mes travaux de recherche concernent l’arthrose, alors voici quelques mots sur cette pathologie extrêmement répandue. Bonne lecture ! 


Non, l’arthrose n’est pas une fatalité. Pourtant, l’arthrose du genou, appelée aussi gonarthrose, est la maladie articulaire la plus répandue en France et dans le monde. Rapidement handicapante, elle peut aboutir à la nécessité de remplacer l’articulation complète par une prothèse. Bien qu’elle soit un problème majeur de santé publique, nous ne savons pas encore tout à fait la soigner. Ce que l’on entend trop peu, c’est que l’arthrose n’est pas une fatalité et que l’on peut apprendre à mieux vivre avec, voire même empêcher son apparition par des gestes simples du quotidien.

L’arthrose, cette maladie du mouvement

Rappelonsnous d’abord ce qu’est une articulation. Une articulation, c’est un contact entre deux os qui bougent l’un par rapport à l’autre. Dans les articulations dites synoviales (le genou, l’épaule, la hanche, etc.), on retrouve systématiquement un tissu que l’on appelle du cartilage. C’est une sorte de fine éponge dure à la surface de l’os, remplie de liquide lubrifiant et permettant un glissement sans frottement entre ces deux os.
L’arthrose est une dégénérescence progressive du cartilage. Elle peut se développer à cause de facteurs génétiques, métaboliques et/ou mécaniques. On parle alors de pathologie polyfactorielle. Le genou est une articulation portante, autrement dit, elle doit supporter et transmettre le poids du corps. Ce sont donc les facteurs mécaniques tels que l’excès de poids, le sport intensif ou même le port répétée de charges lourdes, qui sont les plus enclins d’être responsables de l’arthrose dans le genou. C’est un peu comme si l’os de la cuisse, le fémur, appuyait trop sur son voisin du dessous, le tibia. Les cartilages sont écrasés entre les deux et finissent par se déteriorer.
Le problème du cartilage, c’est que l’on sait que l’on a mal que bien trop tard. En effet, il n’est ni vascularisé, ni innervé. Lorsqu’il s’écrase et s’abime, il n’y a ni hématomes, donc on ne voit rien, ni douleur, donc on ne ressent rien. Pourquoi, alors, a-t-on mal si le cartilage ne sent rien ? Si le cartilage est insensible, l’os, lui, est tout à fait capable de nous faire ressentir de la douleur. Lorsque l’on fait un mouvement et quand le cartilage est quasiment détruit, ce sont les os eux-mêmes qui frottent un contre l’autre. Et ça, ça grince, ça frotte, et surtout, ça fait mal ! 

Soigner son arthrose à la maison

Il est important de comprendre est que l’absence de douleurs ne signifie pas que tout va bien ou mieux. Comme expliqué un peu plus haut, le cartilage ne sent rien. Ainsi, aux premières douleurs, votre médecin pourra vous prescrire un traitement à base d’antalgiques, pour la douleur, et d’anti-inflammatoires, pour calmer les symptômes. Attention, même si il sont bien souvent une nécessité, c’est un traitement à double tranchant : le corps est intelligent, et les symptômes ont un sens. Si on cache les symptômes, on a tendance à oublier que le corps souffre et on agit au quotidien comme si tout allait bien, alors que le problème est toujours bien présent ! Il est important de conserver cela à l’esprit : être raisonnable reste le meilleur moyen pour limiter l’aggravation. Voici alors quelques conseils pour mieux vivre avec son arthrose.
Un premier conseil concerne votre poids. Saviez-vous que le genou peut subir des poids pouvant aller jusqu’à 7-8 fois le poids du corps lors de mouvements de la vie quotidienne, telle que la marche, la course, ou la montée et descente d’escaliers ? Chaque kilo en plus est multiplié dans vos genoux, qui risquent d’être traumatisés bien trop tôt en cas d’excès. Si on regarde cela d’un oeil positif cette fois-ci, il suffit de perdre un seul kilo pour que le genou subisse jusqu’à 8 kilos de moins ! Motivant non ? La perte de poids est une stratégie des plus efficaces pour limiter la douleur dans nos genoux. 
D’ailleurs, à propos d’alimentation, saviez-vous que ce que vous mangez influe énormément sur l’arthrose ? Un régime alimentaire acide a tendance à dégrader plus rapidement vos articulations. Dans l’alimentation, les aliments acides sont plutôt : la viande rouge,  l’alcool, les sodas, les féculents. Au contraire, les aliments basiques tels que les légumes, vont aideront à diminuer cette acidité et réduire l’inflammation globale de votre corps, de la cellulite à l’arthrose. Ce qui tombe bien, c’est que ce sont aussi ces aliments qui vont aideront à perdre du poids !
Paradoxalement, la meilleure solution reste de bouger et de faire du sport. Si la performance ou l’excès dans le sport nuit au système articulaire, une activité physique modérée, comme la marche ou la natation, vous permettra de tonifier vos jambes et ainsi aider vos genoux à être plus stables, plus forts, et ainsi moins aptes à s’abimer. Des activités telles que la musculation ou la gymnastique, modérées encore une fois, peuvent être plus efficaces que n’importe quel traitement.
À défaut de faire du sport, le simple fait de se mouvoir est essentiel. Les os et le cartilages ont besoin d’être utilisés chaque jour. C’est la raison pour laquelle les astronautes sont contraints de faire du sport chaque jour dans l’espace, et rentrent en fauteuils roulants. Il n’ont pas la possibilité de marcher, leur os et leur muscle fondent et deviennent plus fragiles. Au contraire, les solliciter les rend plus forts, et ce, à tout âge. À une époque où le sport est devenu un médicament, il n’a jamais été aussi facile que de se soigner soi-même !

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